L’Éditorial de la semaine de Clé Martial Obame Akwe: Quand la rigueur sociale devient une exigence nationale

 





          L’Arrêté n°00007/MASPEFMISMDN interdisant à tout dirigeant d’une entreprise débitrice à la CNSS de quitter le territoire national, revêtu des signatures des ministres de la Défense nationale, de l’Intérieur, des Affaires sociales ainsi que du sceau de la République, ne relève ni d’un simple formalisme administratif ni d’un effet d’annonce. Il traduit, au contraire, une volonté politique clairement assumée : *restaurer l’autorité de la norme et rappeler que la protection sociale n’est ni facultative ni négociable.

Dans un contexte où les droits des travailleurs demeurent parfois fragilisés par des pratiques approximatives, voire délibérément irrégulières ( certaines sociétés allant jusqu’à prélever les cotisations sur les bulletins de salaire des employés sans les reverser à la CNSS) cet arrêté, publié le 10 février 2026, apparaît comme un signal fort. Il marque la fin de l’immobilisme. Il consacre une orientation claire du pouvoir de la 5ᵉ République : remettre de l’ordre face aux dérives, responsabiliser les employeurs défaillants et contraindre les mauvais payeurs à honorer leurs engagements.

Car derrière chaque cotisation éludée se dessine une retraite compromise, une prise en charge médicale incertaine, une famille exposée à la précarité. Ainsi, l’État réaffirme que la solidarité nationale ne saurait être vidée de sa substance par l’incivisme social. Gouverner, c’est prévoir ; mais gouverner, c’est aussi corriger et sanctionner lorsque l’intérêt général est menacé.


     Cependant, toute décision réglementaire, aussi pertinente soit-elle, gagne en efficacité lorsqu’elle s’accompagne de mécanismes opérationnels clairs et transparents. C’est pourquoi il serait judicieux que le ministère des Affaires sociales, en étroite collaboration avec la CNSS, établisse et publie une liste actualisée des entreprises et sociétés redevables. Non pas dans un esprit de stigmatisation, mais dans une logique de transparence, d’équité et de mise en conformité progressive.


Par ailleurs, la CNSS elle-même doit renforcer ses exigences de transparence. La rigueur demandée aux employeurs doit aller de pair avec une gestion lisible, des procédures accessibles et une communication régulière sur l’utilisation des fonds collectés. En effet, la confiance sociale se construit dans la réciprocité : "obligation pour les cotisants, clarté pour l’institution.


     Une telle dynamique permettrait non seulement de protéger les travailleurs, mais également de consolider la crédibilité de l’action publique. Car la régulation n’a de sens que si elle produit des effets mesurables et s’inscrit dans une cohérence globale.


     Au demeurant, cet arrêté mérite d’être salué. Il rappelle avec force que la justice sociale ne se décrète pas : elle s’organise, se contrôle et, surtout, s’applique avec constance. À l’heure où la 5ᵉ République entend restaurer l’autorité de l’État, la rigueur sociale devient, plus que jamais, une exigence nationale.


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