Gabon : la campagne Octobre Rose critiquée pour son aspect parfois trop marketing ou superficiel, au détriment de l'action de terrain concrète



Au Gabon, la campagne Octobre Rose  suscite  de vifs débats, cristallisant des reproches liés à la récupération marketing ou communicationnelle au détriment d'avancées médicales tangibles pour les patientes. De nombreuses entreprises, institutions, acteurs politiques et personnalités publiques se parent de rose et multiplient les publications sur les réseaux sociaux sans proposer d'actions de dépistage accessibles ou financées pour les populations vulnérables.

 Si la mobilisation permet de briser les tabous, le contraste entre l'opulence des événements corporatifs et la précarité des structures de soins réelles reste un point de friction majeur. Constat : la mobilisation médiatique est très forte en octobre, mais retombe brutalement le reste de l'année, alors que la maladie ne s'arrête pas en novembre.

Après le mois de célébration, les cancéreuses multiples les appels à l'aide pour cause : le coût élevé des examens (mammographies, échographies) et des traitements qui demeurent un frein majeur pour la majorité des femmes, malgré les grands discours de sensibilisation. 


Durant tout le mois d'octobre, les Journées « pink » sont organisées dans les différentes administrations, se résumant à des séances de selfies, des marathons et des fitness festifs avec des tee-shirts roses sans réel transfert de fonds vers la santé publique.

Alors que cette opération qui s'est traduite en un véritable coup d'extorsion de budgets pouvait plutôt permettre la levée de fonds afin de financer les charges de soins prohibitifs des examens ou des traitements post-diagnostic.


Les observations relevées plus haut, qui démontrent à suffisance un décalage systémique existant, pourraient être un élément facultatif pouvant permettre une prise en charge  limpide des cancéreuses. Car, un cancer détecté tôt se guérit, mais peut être perçu comme cynique par celles qui ne peuvent pas payer les examens complémentaires ou la chimiothérapie.

Rappelons que le Gabon enregistre chaque année environ 400 décès dus aux cancers féminins, dont 88 %  sont liés aux cancers du sein et du col de l'utérus.


Vany Corso SIMA ELLA 

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