Rentrée scolaire : les parents lassés par les établissements publics

 


Alors que les inscriptions sont lancées depuis le 31 août 2026, date officielle de la rentrée administrative, le stress gagne les différents parents d'élèves à travers le Gabon.


L'indignation des parents

Frais de scolarité, fournitures, uniformes : si le budget initial de la rentrée semble balisé, dans les faits, il déborde quasi systématiquement. Au Gabon, des milliers d’élèves reprennent le chemin des classes chaque année. Derrière les chiffres officiels se cache une réalité économique compliquée, entre les frais qu’on oublie et ceux qui arrivent sans prévenir et qui esquivent les mesures ministérielles, c'est le cas du paiement des frais d'association des parents d'élèves (APE) exigés lors des inscriptions et réinscriptions, dont la gestion est qualifiée d'opaque.

Malgré les orientations données depuis quelques années par la tutelle sur cette charge qui est du ressort indépendant des parents d'élèves et qui n'est mentionnée dans aucun document officiel sur des éléments à fournir pour les inscriptions, elle continue d'être exigée par les administrations de plusieurs établissements publics. " Depuis trois ans que mon fils est élève au lycée d'État Richard Nguema Bekale, j'ai toujours payé les frais d'Apee exigés à la réinscription alors que je ne connais même pas celui qui est président. Je n'ai jamais entendu parler d'une réunion ou d'AG de l'Apee. Nous ne refusons pas de payer, mais c'est la gestion qui pose problème." A déclaré une femme rencontrée par notre rédaction à la sortie du lycée d'État Richard Nguema Bekale.

Même son de cloche au lycée Jean Hilaire Obame Eyeghe de Nzeng-Ayong . " À l'inscription, on exige 1000 FCFA pour l'enveloppe imprimée et 3000 FCFA pour l'APE invisible. La ministre de l'éducation nationale avait pourtant déjà statué sur le paiement de l'APE. Comme les responsables de l'établissement mangent derrière cette manne, raison pour laquelle ils font le recouvrement à la place du bureau de l'APE." Souligne une mère. 


Les frais d'APE substitués en fonds de fonctionnement

Selon de nombreux parents d'élèves, depuis l'interdiction du paiement des frais d'inscription par le nouveau pouvoir gabonais, les frais d'Apee payés par la majorité des parents d'élèves

sont devenus un moyen pour les chefs d'établissement publics de garnir leurs caisses.

" J'ai deux enfants, l'un au lycée Richard Nguema Bekale et l'autre au CES public. L'unique chose qu'on nous fait comprendre, est que l'État ne donne plus de budget de fonctionnement aux établissements, donc l'argent de l'APE aide désormais les établissements dans certaines tâches. Ce qui me dérange particulièrement, c'est le fait de ne connaître que les bureaux des APE qui ne rendent aucun compte aux contribuables que nous sommes. Ils ne savent pas que nous sommes en mesure de les ester en justice ;" a déclaré un autre parent d'élève.

Les frais d’Apee relèvent de la démission de l’État dans le financement de l’enseignement public.

"Cet argent est utilisé dans les tâches d'embellissement et pour le recrutement des enseignants vacataires. Franchement, c'est pas à nous de jouer le rôle de l'État." S'indigne Jean-Pierre Ndong, parent d'élève.


Pour éviter que les enfants paient le prix au final, surtout ceux issus de familles pauvres, les parents plaident pour l'adoption d'un nouveau texte spécifique sur la gestion des APEE et pour une réforme globale du financement de la scolarisation.


Vany Corso SIMA 

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