Éditorial de la semaine de Clay Martial Obame Akwe/ Les prophètes du vacarme et la République du réel

 

 





Il fallait bien qu’ils apparaissent, ces nouveaux stratèges du néant, ces virtuoses du micro et champions de l’audio viral, pour nous rappeler que, pendant que le monde avance, certains préfèrent encore jouer du tam-tam de la division. Ici, pas de programme économique, pas de vision industrielle, pas même l’ombre d’une idée pour nourrir la Nation ; seulement des mots enflammés, des attaques personnelles et, parfois, l’ombre dangereuse de discours qui flirtent avec la fracture ethnique. Voilà donc l’horizon que certains voudraient offrir au Gabon : beaucoup de bruit, peu de lumière.


Car pendant que ces promoteurs du vacarme occupent l’espace sonore, le pays, lui, continue de faire face à la réalité , têtue, implacable, non négociable. Chaque année, près de 800 milliards de francs CFA s’évaporent pour importer ce que notre sol pourrait produire. Voilà la vraie bataille. Non pas la guerre des clans, mais la guerre contre la dépendance alimentaire, contre l’improvisation économique, contre le retard accumulé dans des secteurs essentiels.


Mais silence, diront-ils , place à l’indignation sélective, aux querelles stériles, aux attaques personnelles, aux procès d’intention. Pendant ce temps, les vraies questions attendent, patiemment, comme des créanciers que l’on ne peut éternellement ignorer : Comment corriger le retard structurel dans plusieurs domaines stratégiques ? Comment le Gabon peut-il se désendetter durablement ? Quelle place voulons-nous occuper sur les marchés internationaux ? Comment réduire la fracture sociale qui fragilise notre cohésion nationale ? Voilà les interrogations qui habitent le citoyen, le vrai ,celui qui travaille, qui espère, qui construit.

Et pourtant, certains persistent à confondre liberté d’expression et licence de division. Qu’on se le dise avec clarté : la parole publique n’est pas un terrain de jeu sans règles. Lorsque les mots deviennent des armes, lorsque les discours attisent la haine, fracturent le tissu social ou menacent la paix civile, la République ne peut ni détourner le regard ni banaliser. L’impunité n’est pas une politique publique ; elle est le début du désordre.


Ainsi, le débat sur l’avenir du Gabon ne se gagnera ni dans les audios incendiaires, ni dans les querelles de personnes, ni dans la distraction permanente. Il se gagnera dans les champs, dans les écoles, dans les entreprises, dans les institutions ,partout où se construit concrètement la souveraineté d’une Nation.


En définitive, pendant que certains vendent du bruit, le peuple, lui, attend des solutions. Moins de vacarme, plus de vision. Moins de division, plus de construction. Car l’avenir d’un pays ne se bâtit jamais sur l’écho des haines, mais sur l’unisson d’un peuple tourné vers le progrès.

      

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Une tentative de détournement de 750 millions serait à l'origine de l'expulsion de certains camerounais de la Guinée Équatoriale.

Un jeune Bitamois soutien d'ACBBN ne se reconnaît pas dans une supposée marche annoncée par un collectif de jeunes de cette localité

Woleu-Ntem/ Le directeur provincial de l'urbanisme dans le micmac administratif.