Perte de confiance de la diaspora gabonaise envers la CDGM, les autorités invitées à la réaction
Quatre ans après la création du premier bureau de la Confédération de la Diaspora Gabonaise Multicontinentale (CDGM), l’immobilisme de l'équipe dirigée par le Dr Marie-José Ayi alimente aujourd’hui les divisions au sein de la diaspora. De nombreux membres critiquent un mandat jugé opaque et appellent à un renouvellement des instances, le mandat initial étant déjà arrivé à terme depuis trois ans.
Les griefs exprimés par une partie de la diaspora à l’encontre de la CDGM, notamment son apparente inertie, traduisent des divergences profondes sur les priorités et la vision de son rôle. Cette structure, lancée avec ambition pour devenir un espace de réflexion, de propositions et d’actions en faveur du développement socio-économique et de la reconstruction du Gabon, s’était fixé pour objectif de promouvoir une approche axée sur l'entrepreneuriat et les investissements, au-delà d’un simple militantisme politique. Pourtant, plusieurs freins semblent avoir entravé ses ambitions : absence d’actions concrètes au Gabon pour soutenir sa quête de reconnaissance constitutionnelle, l'absence de siège dans la capitale Libreville, et une politique d’adhésion inexistante, limitant sa légitimité et sa présence sur le terrain.
Lors de la transition politique initiée par Brice Clotaire Oligui Nguema, ce dernier avait affiché sa volonté de faire de la diaspora un partenaire stratégique pour le développement économique du pays. La CDGM, regroupant alors 83 organisations nées principalement à la suite du « coup de la libération », s'est présentée comme un acteur incontournable pour le renouveau du Gabon, grâce à des projets à vocation lucrative et non lucrative. Reçue avec les honneurs par les hautes autorités, l’organisation bénéficia même du parrainage de l'ancien vice-président du gouvernement de transition. Pourtant, depuis lors, aucun renouvellement du bureau élu pour une durée d’un an n’a eu lieu, et aucune initiative notable n’a été mise en œuvre sur le terrain pour répondre aux attentes des citoyens gabonais. De surcroît, elle demeure sans siège officiel.
Face à cette situation jugée préoccupante, le G10 appelle les autorités compétentes à intervenir afin de permettre aux Gabonais résidant à l’étranger, désireux d’agir de manière concrète, de contribuer véritablement au développement économique et social prôné par le président. Ils exhortent également les autorités à se montrer vigilants envers certaines associations opportunistes qui émergent à chaque changement de système politique avec des motivations davantage financières que patriotiques. À l’heure où le Gabon a besoin d’une véritable force motrice pour son essor économique, la réorganisation et la clarification des objectifs de structures comme la CDGM deviennent plus que jamais cruciales.
Vany Corso SIMA ELLA
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