L'UDB, mauvais élève du PDG




 L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le parti présidentiel fondé par Brice Clotaire Oligui Nguema après l’élection présidentielle, fait face à une série de critiques internes et publiques concernant son manque de rigueur organisationnelle. Bien que le parti ait remporté une large majorité lors des élections générales de 2025, son organigramme inspiré du Parti Démocratique Gabonais (PDG) peine à s’imposer. 


Dès sa création, l’UDB a adopté un modèle largement calqué  de son prédécesseur, mais ce mimétisme semble aujourd’hui gripper les rouages du parti. Les structures dirigeantes, composées en grande partie de transfuges et d’anciens cadres du PDG, reproduisent mécaniquement des modes de fonctionnement obsolètes sans parvenir à s’adapter à leur nouveau contexte politique.


Un legs mitigé 

Malgré les critiques liées à sa longévité au pouvoir sans avancées significatives, le PDG laisse derrière lui un héritage organisationnel qui pourrait servir de modèle à l’UDB. Par exemple, l’accumulation de fonctions politiques et institutionnelles étouffe le nouveau parti, brouillant encore plus son identité démocratique. Cette confusion est particulièrement visible dans la composition du directoire : le secrétaire général est également ministre de l’Habitat, tandis que la présidente de la Ligue des femmes occupe la fonction de ministre de la Fonction publique.


À l’inverse, le PDG fonctionnait selon des principes bien définis. Par exemple, le poste de secrétaire général du parti était souvent dévolu à des parlementaires ou à des personnalités non membres du gouvernement. D’autres fonctions stratégiques du secrétariat général étaient confiées à des figures clés, telles que des directeurs d’institutions publiques majeures ou des personnes ayant fusionné avec le parti. En revanche, les membres du gouvernement occupaient systématiquement des fonctions d’élite du Bureau politique ou du Conseil consultatif.


Frustrations internes et manque de cohésion

Contrairement au PDG qui dissimulait habilement ses dissensions, l’UDB affiche au grand jour ses fragilités. Récemment, la Ligue des jeunes du parti a exprimé publiquement son mécontentement face aux inégalités internes, au chômage et au manque d’inclusion des militants de base. Bien qu’une telle prise de parole reflète une volonté de modernité républicaine, elle a eu un coût élevé : le président de la Ligue a été destitué par la direction du parti.


Par ailleurs, les grandes mobilisations s’avèrent laborieuses pour l’UDB. Malgré l’emploi des méthodes héritées du PDG, ces pratiques traditionnelles ne fonctionnent plus dans un contexte où les citoyens recherchent des alternatives radicalement différentes à l’ancien régime. Le manque d’ouverture et d’inclusivité envers les populations éloignées des instances dirigeantes accentue ce désintérêt.


Une base négligée

La grogne monte également chez les militants de base, qui critiquent une centralisation excessive des décisions au profit de certains clans ou individus influents. Nombreux sont ceux qui dénoncent le manque de consultation lors des choix cruciaux, notamment la désignation des candidats lors des élections générales. Cette marginalisation d’une base pourtant essentielle laisse planer le doute sur la capacité du parti à construire une véritable assise populaire.


Espoir placé dans le prochain congrès

Malgré les nombreuses tournées nationales et les efforts pour créer un réseau de cellules locales dans tout le Gabon, l’UDB peine encore à asseoir son autorité et sa crédibilité. Les espoirs se tournent désormais vers le congrès ordinaire, surnommé « Congrès de l’enracinement », prévu pour se tenir le samedi 5 décembre 2026 au Palais des Sports de Libreville. Cette réunion représente une occasion cruciale pour repenser l’identité du parti et raviver la confiance au sein de ses militants et partisans. Si ce moment clé est bien exploité, il pourrait marquer un tournant décisif dans la consolidation de l’UDB.


Vany Corso SIMA ELLA 

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