Un toilettage nécessaire pour faire mieux




 Le sport gabonais traverse une crise profonde depuis plus de 10 ans, marquée par un manque criant d'infrastructures et de vision politique de l'état, entraînant une défaillance des fédérations et des performances médiocres. Des problèmes de gestion (corruption, clientélisme, intérêts égoïstes) et le manque de professionnalisme étouffent le développement. Malgré la passion populaire, le spiritisme et le manque de patriotisme compliquent la situation. Un chantier difficile pour le nouveau ministre des sports.



L’avenir du sport gabonais repose principalement sur les réformes structurelles, les investissements dans les infrastructures et le développement à la base. Il a toujours été un élément essentiel de la culture gabonaise mais, ces dernières années, il semble être tombé dans l'oubli et dans une gestion désastreuse. Si les deux ans de la transition n'ont pas éteint le cauchemar, sous l'ère de la Ve République, les acteurs sportifs pensent qu'il est temps de le réhabiliter, de lui redonner sa place dans la société et de permettre aux athlètes de briller sur la scène internationale. Ainsi, la nomination de Paul Ulrich Kessany au ministère des sports fait bonne impression auprès des populations, elles voient en lui un moyen de sauvetage et de reconstruction d’un avenir sportif radieux. Elles attendent de lui la prise des mesures concrètes pour soutenir le sport dans son ensemble, et pas seulement le football, qui a tendance à monopoliser l'attention et les finances.


Réformes et gouvernance

Pour mieux relancer le sport gabonais, il est crucial de le réorganiser par la création d'une commission nationale juridique et de conformité qui veillera au respect des textes et à la supervision des réformes identifiées, assurant ainsi une meilleure gestion et la transparence. Ainsi, elle aura pour première mission la reconstitution des fédérations, des ligues et des sous-ligues dans l’optique de mettre fin aux fédérations fictives.

L’autre mission sera de veiller à l'application du code du sport et de l'éthique sportive qui pourrait aider à réglementer le secteur et à sanctionner les infractions, comme la destruction volontaire d'infrastructures, la manipulation des textes et la mauvaise utilisation des fonds.

Elle pourra également être un pont pour un dialogue permanent entre les différents acteurs du sport national (ministère, fédérations, athlètes, partenaires), crucial pour une coordination efficace.

 

Infrastructures et financement

La modernisation et la réhabilitation des infrastructures sportives, comme les stades et les terrains de proximité, sont essentielles pour offrir un environnement propice à la pratique sportive et à l’organisation de compétitions domestiques, synonymes de préparation des compétitions internationales.

Le financement reste un défi majeur dans l’environnement sportif gabonais. La mobilisation de ressources suffisantes et leur allocation transparente sont indispensables pour soutenir les projets et les fédérations dans l'organisation des compétitions locales et la politique de détection. Des partenariats stratégiques, y compris avec des clubs européens, sont également explorés pour accroître la visibilité et diversifier les sources de revenus.


Développement à la base et cohésion sociale

Le gouvernement a toujours reconnu le rôle stratégique du sport dans le développement national et encourage sa pratique dans le milieu scolaire. Cette volonté s’est exprimée par les plus hautes autorités par la prise de décision de la reprise de l’Ogssu après 10 ans d’absence. Malgré cette volonté politique de relance, elle fait face à des défis d'intégrité sportive et de gestion pour pleinement réaliser sa mission de détection de talents en milieu scolaire.   

Il sera aussi idéal de mettre en place les programmes ciblés, comme le programme qui vise à renforcer l'accès et la qualité des pratiques sportives pour des groupes démographiques spécifiques, tels que les jeunes filles. 

Apporter un appui aux centres de formation des jeunes sportifs créés parfois par les passionnés.


L'assainissement et la réorganisation administrative

Le mal du sport national est amputé en grande partie par la faiblesse de l'administration sportive étatique. Plusieurs directions sont occupées durant des années par les mêmes individus en manque de vision stratégique. Ceci a créé une mauvaise gestion du peu de ressources données par l'État où le système de pots de vin est devenu monnaie courante pour la validation d'une quelconque proposition budgétaire.

 Des ingérences politiques à répétition faisant naître des crises de gouvernance au sein des fédérations. 

Pour mettre fin à ces maux qui paralysent le développement des sports et créent un sentiment de déclin généralisé, et pour une vraie reconstruction, l'ancien capitaine des Panthères qui a une bonne connaissance de l'environnement sportif gabonais doit avoir le courage de faire un toilettage au sein des directions qui sont à sa charge. Mais également de donner plus de pouvoir aux directions provinciales des sports.


Nécessité d’une sensibilisation 

La sensibilisation et l'éducation peuvent jouer un rôle crucial dans ce processus. Elle pourrait permettre de relever les bénéfices sociaux, physiques et mentaux dans le sport dans l’optique d’encourager une culture où le sport est valorisé pour ce qu'il est, et où chaque jeune a l'opportunité de réaliser son potentiel athlétique et de faire de sa passion une réalité.

Certes le chemin à parcourir par le nouveau patron du sport gabonais sera semé d'embûches, mais avec de la détermination, de la passion et de la collaboration, il pourra réhabiliter le sport gabonais et ouvrir une ère de succès, de croissance et d'inspiration pour les générations à venir. 


Une approche holistique pour Paul Kessany, combinant bonne gouvernance, investissement matériel et humain, et une vision moderne qui place le sport au cœur du développement socio-économique du Gabon.


Vany Corso SIMA 

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