PK12 / Déguerpissement : les commerçants dénoncent des abus et interpellent les autorités
Les jeunes commerçant(e)s gabonais exerçant dans la vente de la friperie, déguerpis du rond-point du PK12, dans le cadre d’un vaste chantier de construction du fly-over annoncé par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, dénoncent des abus de pouvoir et des pratiques qu’ils qualifient d’arbitraires de la part de certains agents de la Direction de la Sécurité Publique (DSP). Par la voix de leur porte-parole, Privael Ondo Nguema, ils appellent les autorités à une intervention urgente.
Ils seraient près de 600 commerçant(e)s concernés par cette situation au PK12, tous spécialisés dans la vente de la friperie. Une activité qui constitue, pour beaucoup d’entre eux, l’unique source de revenus pour subvenir aux besoins de leurs familles.
« Nos marchandises sont régulièrement confisquées sans aucune base légale. Pour les récupérer, on nous exige des sommes comprises entre 2 000 et 5 000 FCFA, sans reçu ni décision administrative. C’est clairement une forme d’extorsion exercée sur des commerçants déjà en grande précarité », dénonce Privael Ondo Nguema.
Selon les commerçants, ces agissements persistent malgré le respect des consignes émises par les autorités. « Nous avons quitté les trottoirs comme demandé et nous nous sommes installés devant les magasins, loin de toute obstruction de la voie publique. Pourtant, nous continuons à subir des saisies », explique le porte-parole.
Se référant aux principes fondamentaux de l’État de droit, les commerçants du PK12 interpellent directement l’administration. « Le Gabon est un État de droit, régi par le principe de légalité. Nous voulons savoir s’il existe une autorisation hiérarchique permettant à des policiers de saisir des marchandises et d’exiger des paiements sans fondement juridique », s’interroge Privael Ondo Nguema.
Au-delà de l’aspect juridique, la situation pose également une question sociale majeure. « Comment sommes-nous censés vivre, nourrir nos familles et préserver notre dignité en attendant la construction des espaces marchands promis ? », questionne-t-il.
Les commerçants rappellent enfin le rôle républicain de la force publique. « La police doit protéger les citoyens, non les opprimer. L’abus d’autorité ne peut être érigé en mode de gouvernance dans une République qui se veut juste et respectueuse des droits de tous », conclut le porte-parole des commerçants du PK12.
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