Bitam/Lettre ouverte : Hilaire Mintsa Mi Nzuè appelle Bitam à une refondation lucide
Dans une lettre ouverte adressée à son cadet Mvé Ondo, Hilaire Mintsa Mi Nzuè livre une analyse sans complaisance des maux qui minent Bitam. Il interpelle les générations passées et présentes, questionne les pratiques de succession politique et appelle à une mobilisation collective fondée sur l’unité, le mérite et l’intérêt supérieur de la localité.
Lettre ouverte
Mon cadet Mvé Ondo,
En reconnaissant que les difficultés actuelles de Bitam trouvent en partie leur origine dans les dérives de la génération qui est la tienne, mais aussi dans l’égoïsme de certains des nôtres une fois parvenus aux affaires, tu poses un constat important. Ce malaise, d’autant plus préoccupant qu’il contraste avec le passé prestigieux de notre localité et ses ressources humaines, est en outre aggravé par la concurrence d’autres territoires, notamment Oyem.
Cette réflexion, amorcée par notre frère Ella Mvé et enrichie par Beyeme Ngoua, a été prolongée par Obiang Essono, qui admet que le mal est profond et s’interroge, à juste titre, sur les réponses à y apporter. Mais ce diagnostic est-il complet ?
La question de fond demeure celle de la succession. À quel moment a-t-elle réellement été préparée dans notre pays ? Sous Omar Bongo Ondimba, sous Ali Bongo Ondimba, ou seulement depuis la transition ouverte le 30 août 2023 avec l’arrivée du général Brice Clotaire Oligui Nguema ?
Nos aînés, souvent célébrés pour leurs parcours, ont-ils véritablement transmis le flambeau avec transparence, équité et sens de l’intérêt collectif ? Combien de générations ont été laissées pour compte dans ce processus opaque, nourrissant frustrations et désillusions ?
Dès lors, l’attitude aujourd’hui reprochée à la jeunesse bitamoise n’est-elle pas aussi l’expression d’un ras-le-bol accumulé, plus que le simple reflet d’un égoïsme individuel ? Avons-nous, collectivement, le courage de soutenir ceux des nôtres qui sont capables de rassembler et de porter Bitam plus haut ?
Les responsabilités politiques doivent-elles être considérées comme l’unique voie de réussite ? Et pouvons-nous ignorer le poids de l’histoire, alors que le département du Ntem a longtemps occupé une position dominante au sein du pouvoir, reléguant parfois Oyem au second plan ? Les équilibres actuels nous garantiront-ils un traitement équitable ?
Pour ma part, je reconnais que si les magistères de nos aînés ont été marqués par des réussites individuelles et certaines actions en faveur de Bitam, tous n’ont pas œuvré avec la même sincérité à la construction d’un Ntem uni, fort et prospère.
Les générations qui ont suivi, la vôtre comme la nôtre, ont payé le prix de cette désillusion. Malgré leur engagement et leur loyauté, elles n’ont pas toujours bénéficié d’une reconnaissance à la hauteur de leurs contributions. Toutefois, aucune frustration ne saurait justifier le manque de respect à l’égard des élites de notre communauté, notamment de nos aînés.
Pendant que nous nous divisons, d’autres territoires progressent, tirant profit de nos querelles internes et de notre dispersion.
La question posée par Obiang Essono demeure donc centrale : que faisons-nous face à ce constat ?
La réponse passe, selon moi, par un chantier de réflexion conduit par des esprits lucides, engagés et animés d’un amour sincère pour Bitam. Un chantier confié à une élite organique, restreinte et rigoureusement choisie, chargée de penser l’avenir de notre localité.
Bitam n’est pas démunie. Elle dispose de ressources humaines de valeur et peut notamment s’appuyer sur notre frère Maurice Ntossoui Allogo, dont la vision peut contribuer à nous conduire vers des lendemains meilleurs.
Mon cadet, je te livre ce message du cœur, guidé par un attachement profond à Bitam.
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